Crédit immobilier: les banques se montrent plus vigilantes en 2020

Pour l’année 2020, les banques décident de restreindre les conditions d’octroi de crédit immobilier. Suite à un appel à la vigilance, lancé par Bercy et le ministère de l’Economie, l’accord des crédits immobiliers aux particuliers est désormais conditionné par un apport personnel plus élevé, une durée d’emprunt plus courte et des quotas. De nouvelles conditions qui excluent une grande partie des emprunteurs que sont les investisseurs et les ménages modestes.

Limiter les risques de surendettement

Les banques resserrent les conditions d’emprunt pour 2020. Sous la pression des régulateurs, les banques sont contraintes de refuser les prêts qui dépassent les 25 ans, ainsi que les taux d’endettement supérieurs à un tiers des revenus de l’emprunteur. Pour justifier cette décision, le gouvernement avance une raison liée au pouvoir de remboursement des particuliers. De plus, avec un taux historiquement bas et une explosion du nombre de crédits enregistrés, sans garanties suffisantes, le marché risque d’être déstabilisé.

Réduire la durée moyenne des crédits

En janvier 2020, les premiers effets commencent à se faire sentir. Les banques décident de réduire la durée moyenne des crédits immobiliers à 226,7 mois, soit sous la barre des 19 ans. Un niveau qui rejoint la durée moyenne accordée en décembre 2018, suivant la requête du Haut conseil de stabilité financière (HCSF), organe dirigé par le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire. De la même façon, l’octroi des prêts sur des durées supérieures à 25 ans est désormais proscrit. Et la règle d’endettement de 33% est stricte et non négociable. Résultat, certains foyers autrefois habitués à s’endetter sur 30 ans sont contraints d’emprunter maintenant sur 25 ans pour rentrer dans les clous budgétaires.

Limiter les transactions

Selon certains économistes, les nouvelles conditions d’emprunt vont se faire directement ressentir sur le taux des transactions réalisées en 2020. Selon les études réalisées par les spécialistes en économie, pas moins de 100 000 ménages voire 130 000 sont automatiquement exclus par ces nouvelles mesures, soit une baisse de 10% des transactions réalisées en 2019. A cela s’ajoute la décision de certaines banques de ne plus travailler avec des intermédiaires comme les courtiers pour garder une plus grande marge. De la même manière, d’autres décident de revoir à la baisse la commission versée à chaque dossier négocié.

Augmenter le coût du crédit

Couplées au phénomène du taux d’usure, ces nouvelles règles du jeu doublent le nombre de refus de financement qui passe de 10% à 25%. Une nette baisse de la production de crédit est même prévisible pour 2020. En février, les courtiers constatent même de nouvelles hausses généralisées des barèmes, sur toutes les durées et tous les profils. Les emprunts à moins de 1% sur 25 ans sont désormais exclus, alors que les meilleurs dossiers pouvaient réaliser un emprunt à 0,75% sur la même durée, il y a encore quelques semaines. De quoi rendre plus difficile les emprunts en 2020, notamment pour les foyers sans apport ou avec des crédits en cours.

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